Quand la CIA et la DEA opéraient au Venezuela

Pendant la seconde moitié du XX° siècle, l'appareil anti-drogues et du renseignement nord-américain ont été au centre de multiples scandales qui l'impliquent dans le trafic de drogues à l'échelle mondiale.

Avec la liberté d'opérer que les Gouvernements de la Quatrième République lui ont accordé, le Venezuela n'arrêtait pas d'être utilisé comme plateforme de trafic de drogues international dirigé par ces cartels nord-américains.

Plusieurs affaires ont été révélées pendant les années 90, plus à cause de querelles à l'intérieur du cartel que pour autre chose, qui ont révélé les liens étroits de la CIA et de la DEA avec l'exportation des drogues du Venezuela par infiltration et contrôle postérieur à l'intérieur des forces armées.

Ce qu'on appelait « opérations anti-drogues » en Amérique Latine ont servi de prétexte pour que la CIA infiltre les corps de sécurité de l'Etat en influant sur leurs décisions et en contrôlant leur fonctionnement, leurs hauts commandements, leurs avancements et leurs opérations sur le territoire. Tout.

Au Venezuela (essentiellement à cause de sa situation géographique), elles avaient creusé profond comme Colombie, en Bolivie ou au Pérou.

Au fait

Dans les années 80 la CIA avait son « homme de confiance » dans le général Ramón Guillén Dávila, selon le Miami Herald. Oui, c'est le même Ramón Guillén Dávila qui, en 2007, a été arrêté pour avoir participé à une conspiration pour assassiner le président Hugo Chávez.

Dávila était le chef de l'unité anti-drogues de al Garde Nationale et travaillait étroitement avec la CIA et la DEA dans des « opérations anti-drogues » pour soi-disant démanteler des réseaux de trafic de drogues originaires de Colombie. Le 29 novembre 1993, pendant l'émission d'information états-unienne « 60 Minutes, » l'ex chef de la DEA de l'époque, Robert C. Bonner, a affirmé que Ramón Guillermo Dávila et la CIA avaient travaillé ensemble pour faire passer en contrebande – au moins – 22 tonnes de cocaïne aux Etats-Unis.

Un chargement ( de 800 livres ) saisi la même année à l'Aéroport International de Miami par des agents des douanes des Etats-Unis a fini par révéler le travail conjoint et surtout ce qui alerterait le journaliste d'investigation Michael Levine pendant ces années : Ramón Guillermo Dávila était protégé par la CIA et ses opérations de trafic de drogues international étaient supervisées par l'agence de renseignement en question. Il semblerait que la DEA ait été laissée en-dehors de ce négoce : la vraie raison des accusations de Bonner.

Cette même année, le Département de la Justice des Etats-Unis a engagé une enquête qui impliquait 2 agents de la CIA au Venezuela dans l'envoi de 2 000 livres de cocaïne du Venezuela aux Etats-Unis. Les enquêteurs fédéraux qui ont suivi l'affaire ont déterminé que le bénéficiaire de l'opération était l'une des branches du cartel de Medellín, dirigé par Pablo Escobar. Le scandale fut tel que l'agent Mark McFarlin, agent de la CIA à Caracas, fut expulsé de l'organisation. L'autre agent impliqué, dont l'identité n'a pas été révélée, aurait également été soumis à des sanctions disciplinaires, selon un porte-parole de la CIA du nom de Dave Christian. Lais l'affaire était déjà faite et l'argent reçu.

S'agissant d'une lutte entre cartels, The New York Times rapporte qu'en 1989, les agents de la CIA au Venezuela, Jim Campbell et Mark McFarlin ont rencontré l'agent de la DEA, Anabelle Grimm, pour discuter de l'envoi de cocaïne aux Etats-Unis (par l'intermédiaire de l'agent Ramón Guillermo Dávila) pour soi-disant obtenir des informations sur les cartels colombiens. Bien que l'agent de la DEA s'y soit opposée, les agents de la CIA ont continué l'opération sans qu'elle notifie à ses supérieurs que l'agence de renseignement trafiquait sur la cocaïne. L'omission est aussi une forme de complicité.

Mais bien que l'exportation de drogues du Venezuela dirigée par la CIA et la DEA soit suffisamment grave et ôte toute crédibilité aux accusations contre le Venezuela pour soi-disant « trafic de drogues », il y a une autre donnée qui reflète les autres sphères de ce négoce : jusqu'en 2005, alors que la DEA opérait au Venezuela, il y avait dans le pays 215 hectares de différentes drogues cultivés. Ce n'est pas un hasard.

A partir de cette année 2005 jusqu'en 2012, l'ONU a qualifié le Venezuela de « territoire libre de cultures illicites » mettant en avant la lutte frontale contre le trafic de drogues qu'a entreprise le Gouvernement Bolivarien depuis que la DEA a quitté le pays. Contrairement à la Colombie, un pays où la DEA opère librement depuis 1999, qui n'a cessé d'augmenter sa production et ses exportations de drogues vers les Etats-Unis. Cela non plus n'est pas un hasard.


traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos.

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