Pedro Pablo Kuczynski, instrument des compagnies pétroliére contre le Venezuela

Le président Nicolás Maduro a dénoncé publiquement Pedro Pablo Kuczynski pour sa campagne d'intervention étrangère contre le Venezuela. Etant donné l'histoire de l'actuel président péruvien, il ne paraît pas extraordinaire qu'il agisse contre notre pays à cause de ses relations avec les transnationales du pétrole et du gaz et de sa longue expérience dans l'application de politiques économiques néolibérales.

Pedro Pablo Kuczynski n'est pas seulement l'actuel président du Pérou, il a une longue expérience dans le monde des entreprises, des finances et de la politique dans la région et un poids peu connu au niveau international qui comprend des relations directes avec des entreprises pétrolières et l'industrie automobile.

En fait, son éducation lui a donné une formation en harmonie avec les corporations. Il a passé une licence en 1959 à l'Exeter College de l'Université d' Oxford, au Royaume Uni pour ensuite, en 1961, faire une maîtrise en économie à l'Ecole Woodrow Wilson des Affaires Publiques et Internationales de l'Université états-unienne de Princeton.

A son retour au Pérou, en 1966, il participe au Gouvernement de Fernando Balaúnde Terry en tant que conseiller économique. Il sera ensuite l'un des gérants de la Banque Centrale de Réserve de son pays jusqu'en 1966, quand survient le coup d'Etat militaire qui portera au pouvoir Juan Velasco Alvarado. A cause de son action à la Banque Centrale de Réserve du Pérou et surtout à cause d'un pot-de-vin concernant cette banque et l'International Petrolium Company, filial de la Standard Oil de Nueva Jersey (aujourd'hui Exxon Mobil), Kuczynski a été accusé par le nouveau Gouvernement d'accorder des faveurs à ce groupe pétrolier. On estime que les incitations financières remises à cette entreprise ont atteint 115 millions de dollars à ce moment-là. Pour ne pas tomber dans les mains de la justice péruvienne, il a quitté le pays.

Cette relation est importante car elle révèle le profil et les intérêts des actions de PPK en tant qu'agent des entreprises pétrolières états-uniennes.

Dans les années 1970 et au début de 1980, Kuczynski a été le chef de la Planification Politique à la Banque Mondiale et gérant du secteur des Mines en Afrique Centrale, des zones dévastées par des guerres irrégulières qui ont pour but le pillage de leurs ressources naturelles.

Il fut rappelé par Balaúnde Terry pour faire partie de son second cabinet , blanchi de ses accusations de corruption concernant la Standard Oil, nommé ministre de l’énergie et des Mines il a proposé la Loi Nº 23231, qui exonérait d'impôts les compagnies pétrolières étrangères installées dans le pays. En décembre 1985, cette loi fut abrogée.

Le média Los Andes informe que Kuczynski « tout au long des années a été membre du directoire de diverses entreprises comme la Compagnie de l'Acier du Pacifique (1992-1995), Magma Copper (1995-1996), Edelnor, S.A. (1996-1999), Toyota Motor Corporation (1996-2001), Siderúrgica Argentina (1996-2001), R.O.C. Taiwan Fund (1983-2001), Tenaris (2003-2004), Southern Peru Copper Corporation (2003-2004) y Ternium Inc (NYSE) (2007-?)".

Ce même média affirme que l'actuel président du Pérou ne déclare pas « des entreprises enregistrées et qui fonctionnent qu'il possède aux Etats-Unis parmi lesquelles Westfield Capital y Westfield Financial Advisors, constituées par Kuczynski en 1995; Latin America Enterprise Fund Managers, en 1998; et Florida Bayshore Properties, en 2006". 3 d'entre elles sont des institutions financières.

Dans le Gouvernement néolibéral présidé par Alejandro Toledo (2001-2006) qui a été accusé d'avoir reçu un pot-de-vin de 20 millions de dollars de l’entreprise Odebrecht, Kuczynski a été nommé ministre de l'Economie et des finances. Sa principale proposition fut d'endetter le Pérou auprès du FMI, ce qu'il a réussi à faire sans aucun problème étant donné ses contacts avec ces organismes internationaux et avec la jet-set financière mondiale. Cependant, il a démissionné sous le pression sociale : des protestations pour les nombreuses privatisations du Gouvernement de Toledo.

La procureure péruvienne Katherine Ampuero a demandé, à propos de l'Affaire Odebrecht, « qu'on ouvre une enquête préliminaire pour des suspicions d'opérations suspectes et d'apports de l’entreprise Odebrecht Latinvest Perú en faveur de l'entreprise Latin America Enterprise, liée à monsieur le président. »

PPK a fait du lobbying dans une affaire qui a fait du bruit avec une transnationale du gaz. Kuczynski a amené Hunt Oil dans son pays et lui a accordé la partie financière du projet d'exportation de gaz. En tant que ministre de l'Economie, il a initié le processus de changement de la loi pour favoriser celle-ci. En tant que conseiller d'Hunt Oil, il a participé à la demande de l'entreprise du Lot 56 et en tant que ministre, il a remis à Hunt Oil ce lot qui recélait des réserves de gaz prouvées.

Jusqu'en 2015, PPK, en plus d'être péruvien, était citoyen états-unien. Cela lui valut pendant des années le surnom de "gringo" Kuczynski.

Il a gagné les élections présidentielles en 2016. Une de ses croisades régionales a pour objectif le Venezuela. Dans Mission Vérité, nous avons dit que Kuczynski cherchait à se substituer à Macri à Almagro lui-même pour mettre au point une proposition qui influe sur les affaires intérieures du Venezuela, c'est pourquoi il favorise une intervention internationale directe pour une transition prochaine.

Cela s’accompagne par la tournée de Kuczynski aux Etats-Unis pour discuter avec Donald Trump d'éventuelles actions contre le Venezuela. Il n'est donc pas étonnant que le président Nicolás Maduro dénonce le fait que Kuczynski a essayé de convaincre le président des Etats-Unis, lorsqu'il était avec lui à la Maison Blanche, d'intervenir directement (que ce soit par la voie militaire, financière, politique ou diplomatique) au Venezuela.

Pedro Pablo Kuczynski, alors, n'est pas seulement l'actuel président du Pérou, c'est un technocrate de confiance des compagnies de l'énergie et des entités financières états-uniennes. Ainsi, on voit plus clairement pourquoi il plaide pour une intervention directe et ouverte contre le pays qui possède les plus grosses réserves de pétrole du monde : le Venezuela.

Il est évident, alors, que la guerre contre le Venezuela est faite pour ses ressources et en ce sens, PPK est le meilleur agent pour mener cette croisade contre le pays : précisément, ce sont les corporations qui font mettre en place les sanctions contre notre pays : il a été lié à certaines d'entre elles, comme Exxon Mobil, pendant des décennies.


Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos.

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